LA TENTATION DISCRIMINATOIRE, EN PLUS D’ÊTRE ILLÉGALE, EST-ELLE SEULEMENT RENTABLE?

La tentation discriminatoire, en plus d’être illégale, est-elle seulement rentable ?

Directe ou indirecte, la discrimination à l’embauche et au travail révèle l’état d’esprit de la culture économique et des pratiques professionnelles prohibées par la loi. Toute entreprise en son activité de recrutement est tenue de s’y conformer sous peine de sanctions civiles ou pénales.

Pas moins de 20 critères sont retenus par le Code du travail en son article L 1131-1 pour qualifier la discrimination à l’embauche.

Un sondage réalisé par l’IFOP en 2015 fait état d’une perception forte de discrimination par 85% de candidat(e)s à l’emploi.

En tête de liste, l’âge au delà de 55 ans est le facteur le plus discriminant, puis c’est celui d’être enceinte, handicapé(e) ou obèse. Viennent ensuite le simple fait d’être une femme et enfin l’origine du candidat (nom à consonance étrangère ou couleur de peau !). Cela oblige souvent ce dernier à envoyer plusieurs fois son cv pour obtenir un entretien.

Même si la perception des candidats dans ce sondage est alarmante, on ne peut établir qu’elle correspond à toute la réalité du processus d’embauche tant les professionnels du recrutement y sont vigilants et respectueux de la loi. Cependant ce ne sont pas eux qui ont le dernier mot.

Certaines différences de traitement sont admises en fonction « d’une exigence professionnelle et déterminante et si l’objectif est légitime et l’exigence proportionnée »

Par exemples, la limitation d’âge peut être admise si l’emploi nécessite une période d’emploi raisonnable avant la retraite ou si la nature de l’emploi ne correspond pas à des travailleurs trop jeunes (-de 18 ans) ou trop âgés (pénibilité, port de charges…)

Comprenons que la discrimination est une négation des atouts que présentent les différences et une entrave au « vivre ensemble ». L’âge, le sexe et l’origine ne sont ils pas révélateurs de notre richesse et de notre diversité socio-culturelle ?

La discrimination ou l’exclusion socio-économique coûte peut être davantage qu’on ne le pense en termes de désordres sociaux, juridiques et économiques : 43 % des victimes ont abandonné leur recherche d’emploi selon l’étude de l’Ifop…

Globalement dès lors, dans une vision économique plus large, quel est le coût de la non-qualité d’un système discriminant ?

Romuald

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Romuald FLANDIN

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